Des femmes au Parlement : une stratégie féministe?
[Women in Parliament: A Feminist Strategy?]
Manon Tremblay
Montréal, Remue-ménage, 1999
Vaut-il la peine d'élire plus de femmes en politique? Oui, si on considère que leur entrée au Parlement fait partie d'une stratégie plus globale de l'accès des femmes aux sphères de pouvoir. Malgré les nombreuses contraintes imposées par les règles du jeu parlementaire, les députées disposent tout de même d'une certaine marge de manoeuvre pour faire avancer les causes qui leur tiennent à coeur, pour défendre les revendications du mouvement féministe, par exemple.
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Les politiques publiques canadiennes s'inscrit en continuité avec un premier livre, paru aux PUL en 1995, intitulé 

S'il est encore vrai que les femmes ne jouent souvent qu'un rôle secondaire dans la vie politique, les réflexions présentées ici témoignent pourtant d'une volonté de s'affranchir de ce statut de citoyennes de seconde catégorie, et ce, par de multiples stratégies : se réapproprier le savoir, intégrer toutes les instances du pouvoir politique, intervenir sur les décisions de l'État, développer de nouvelles formes de représentation politique.
La sous-représentation des femmes en politique peut porter à penser qu’elles ne s’intéressent pas à la chose publique. Mais cela peut aussi s’expliquer par les obstacles que ce milieu traditionnellement réservé aux hommes dresse devant elles. Plus proche de la vie quotidienne, la politique municipale pourrait sembler plus disposée à les accueillir. Pourtant il n’en est rien. Pourquoi?
Le système parlementaire canadien, c'est d'abord la réunion d'auteurs et de collaborateurs de talent qui ont choisi de répondre avec succès à la difficile formule du manuel d'introduction. Difficile d'abord, parce qu'on s'adresse à des lecteurs qui ont peu de connaissance du domaine. Difficile ensuite, parce qu'il faut en même temps tout couvrir. Et réussi, parce qu'ici, ces deux exigences ont été rencontrées.
Que font-elles en politique? Même si les femmes du Québec sont encore peu nombreuses à siéger à la Chambre des communes ou à l'Assemblée nationale, on est en droit de se poser une telle question. Le présent ouvrage est le premier à proposer une analyse de l'expérience politique des Québécoises comme députées et à la comparer à celle des hommes. Cette expérience renvoie à trois moments privilégiés du cheminement politique : l'accès à la scène publique, l'exercice du pouvoir et le départ de la vie politique. À chacune de ces étapes, les femmes et les hommes ne disposeraient pas des mêmes atouts et ne connaîtraient pas les mêmes pratiques; en conséquence, l'un et l'autre groupe ne devrait pas exprimer les mêmes valeurs et opinions, ni partager les mêmes modèles de comportement.
Cette thèse s'intéresse aux conduites des femmes et des hommes en politique au Québec à l'endroit des demandes exprimées par les mouvements féministes. La question examinée est la suivante : est-ce que les femmes en politique représentent les femmes? L'hypothèse veut qu'il existe une différence selon le sexe dans les opinions et les actions à l'égard des demandes féministes, soit que les femmes les soutiennent davantage que les hommes. En outre, cette différence se maintiendrait à l'intérieur d'un même parti politique, d'une même catégorie d'âge, de scolarité et d'occupation, et pour une même philosophie politique. Ces hypothèses ont été vérifiées au moyen d'une enquête par questionnaires d'opinions réalisée auprès des candidates et candidats du Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) à l'élection générale du 25 septembre 1989 au Québec, et au moyen d'entrevues auprès des députées et députés élus à cette occasion.